Les océans sont au cœur du changement climatique!
Découvrez comment, et quelles sont les conséquences possibles. Nous explorerons également ensemble quelques pistes  de solutions !
Au cours de la COP21 à Paris, l’Océan et le changement climatique seront un sujet majeur pendant 10 jours. Mais nous voulons que notre conscience des enjeux et notre désir de protéger l’Océan continuent bien au delà… Jeter un oeil à nos infographies et devenez avec nous des ambassadeurs de l’Océan!
L’Océan a besoin d’aide. L’Equipe Cousteau vous invite à plonger avec ell dans ce sujet, a partager notre préoccupation pour l’avenir de l’Océan, et a informer les citoyens du monde entier.

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

cousteau-airesMarines_web-FR

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

Pendant les journée des océans à la COP21, L’Équipe Cousteau appelle votre attention pour la migration des espèces marines en raison du changement climatique.

cousteau-deplacEcolo_web-FR

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

Décembre: Découvrez les conséquences du ralentissement des courants océaniques.

 cousteau-courantsMarins_web-FR

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

Novembre: Trouvez les services rendu par le plancton à notre vie.

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

Octobre: Trouvez les énergies renouvelables dans l’océan de solutions!

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

Septembre: Découvrez les effets du changement climatique dans l’Arctique et les conséquences pour les espèces comme l’ours polaire.

cousteau-banquise-web-FR

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

Août : Les conséquences de l’augmentation du niveau de la mer sur le déplacement des populations.

cousteau-niveauMer-web-FR[Cousteau COP21 print]

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

Juillet : L’acidification des océans : une très sérieuse conséquence du bouleversement

Acidification des océans

[wc_accordion collapse=”1″ leaveopen=”1″ layout=”box”]

[wc_accordion_section title=”Pour en savoir plus…”]

L’acidification des océans : une très sérieuse conséquence du bouleversement

Un phénomène d’une ampleur inédite depuis 252 millions d’années

Il y a 252 millions d’années, de gigantesques éruptions volcaniques provoquent l’acidification des océans entraînant la disparition de plus de 90 % des espèces marines et des deux tiers des espèces terrestres. Un phénomène similaire semble démarrer sous nos yeux, et cette fois ce ne sont pas les volcans mais bien les émissions humaines de carbone dans l’atmosphère qui sont pointées du doigt. Depuis 1800 et donc l’aube de la première révolution industrielle, entre un quart et un tiers des émissions de CO2 liées aux activités humaines a été absorbée par les océans, ce qui équivaut chaque année à 8 milliards de tonnes, environ 1 tonne de CO2 par personne. Les océans jouent donc un rôle très important en tant que « puits de carbone » et cette absorption massive a permis d’atténuer une partie importante de l’effet de serre en soustrayant du CO2 de l’atmosphère. Mais ce « service rendu » a un coût qui inquiète de plus en plus les biologistes marins : le Co2 absorbé provoque un inquiétant bouleversement de la chimie de l’eau de mer qui se traduit par une augmentation de son acidité et rappel ce qui a pu se produire il y a des millions d’années.

«Par rapport à la période préindustrielle, l’acidité des océans a augmenté d’environ 26 % » écrivaient dans leur rapport un trentaine de spécialistes effectuant une synthèse sur la question lors la 12ème conférence de l’ONU (dites « Conférences des Parties » sur la Biodiversité qui s’est tenue en 2015 à Séoul.

Source : https://www.cbd.int/doc/publications/cbd-ts-75-en.pdf

Comment s’explique et se mesure l’acidification ?

L’acidité ou la basicité d’une solution se mesure par le pH, qui est l’abréviation de « potentiel hydrogène » qui permet de mesurer l’activité de l’ion hydrogène dans une solution, activité corrélée à une plus ou moins grande acidité. Un pH neutre est égal à 7 (ni acide, ni basique) et il correspond au potentiel de l’hydrogène de l’eau pure à 25°C. Si le pH est inférieur à 7, la solution est dite acide, si elle est supérieure à 7, elle est basique. Il est important de comprendre que Le pH suit une échelle logarithmique, par exemple il diminue d’une unité quand une solution devient dix fois plus acide, de deux unités quand elle devient 100 fois plus acide, de trois quand elle devient 1000 fois plus acide, etc. Donc, une faible baise de pH peut signifier une augmentation significative de l’acidité, ce qui est le cas dans les océans. Comment s’explique cette acidité océanique supplémentaire ? Les 8 milliards de tonnes de CO2 absorbées par les océans chaque année représentent l’équivalent d’un milliard de piscines olympiques. En se dissolvant dans l’eau, ce CO2 forme de l’acide carbonique, et plus le CO2 augmente dans l’atmosphère, plus la formation d’acide carbonique dans l’eau de mer augmente également. L’acide carbonique ainsi créé modifie la chimie de l’eau des océans en faisant baisser son pH, en la rendant donc plus acide. Comme le pH est mesuré sur une échelle logarithmique, une baisse de 0,1 du pH correspond en fait à une augmentation de 30% de l’acidité, avec des effets déjà observables sur la vie marine. Au cours des 20 millions d’années, le pH des océans a fluctué entre 8,3 et 8,0. Actuellement, même s’il y a d’importantes variations régionales, le pH moyen des océans tourne autour de 8,069. Donc si l’acidité augmente de 30 % en passant d’un pH de 8,2 à 8,1, cela ne veut pas dire pour autant que les océans sont devenus des milieux « acides » puisque leur pH reste au dessus de 7.

Par contre, cette augmentation de l’acidité à des conséquences très concrètes sur les organismes marins calcificateurs, dépendants de processus de formation d’un squelette ou autre structures protectrices en calcaire (carbonate de calcium).

Pour aller plus loin : http://i2i.stanford.edu/AcidOcean/AcidOcean_Fr.htm

Concrètement quels sont les effets

De nombreux organismes marins seront profondément affectés par ce phénomène car leur squelette ou autres structures essentiels, sont à base de calcaire ou de silice (ptéropodes ou coraux) et leur rôle écologique est essentiel dans le réseau fragile qui lie les espèces les unes aux autres. Si rien n’est fait et que les émissions se poursuivent au rythme actuel, les océans pourraient voir leur acidité augmenter de 170 % d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels.

Source : http://instaar.colorado.edu/~marchitt/reprints/hoenischscience12.pdf

« Il est désormais inévitable que dans les cinquante à cent prochaines années, la poursuite des émissions portera cette acidité à des niveaux qui auront des impacts à grande échelle, essentiellement négatifs, sur les organismes et les écosystèmes marins, ainsi que sur les biens et les services qu’ils prodiguent », conclut le rapport.

Par exemple, nous observons actuellement sur la cote ouest des USA un impact important de la baisse du pH sur les larves d’huitres qui connaissent de fortes mortalités. Les pertes estimées de ce seul problème tournent autour de 100 millions de dollars par an pour l’industrie ostréicole.

Autre exemple : des millions de personnes dans le monde dépendent pour leur subsistance de l’abondance que procurent les récifs de coraux. Un article scientifique récent montre une baisse de la capacité à se reconstituer de coraux bâtisseurs de récifs lorsque l’acidité augmente. Les écosystèmes coralliens soutiennent plus d’un million d’espèces, et la fragilisation d’un milieu aussi crucial peut avoir des conséquences incalculables écologiques comme économiques. Source : http://www.pnas.org/content/107/47/20400.abstract

Le bouleversement du climat généré par nos activités impacte des écosystèmes marins fragiles et déjà soumis à des stress important liés à l’urbanisation des côtes et a la surexploitation des ressources marines. Le danger est grand de voir des seuils d’irréversibilité franchis avec des conséquences dont nous pouvons actuellement difficilement appréhender l’ampleur. Ce qui c’est passé il y a 252 millions d’années nous sert cependant de sérieux avertissement. La grande différence est que cette fois la source de ce phénomène est l’activité humaine, et que donc l’Humanité peut, et se doit de réagir.

Autres sources :

Évolution de la saturation en aragonite : http://www.pifsc.noaa.gov/cred/ocean_acidification.php

[/wc_accordion_section]

[/wc_accordion]

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

08 juin – Journée mondiale de l’océan : découvrez à combien est estimée la valeur monétaire des biens et services fournis par l’océan mondial.

ocean : valeur économique

[wc_divider style=”solid” line=”single” margin_top=”” margin_bottom=””]

Mai 2015 : ce mois-ci, le sujet traite du rôle de l’océan face à l’excédent de chaleur induit par l’effet de serre et lié à l’activité humaine.

Les océans absorbent 88% du réchauffement climatique
[wc_accordion collapse=”1″ leaveopen=”1″ layout=”box”]
[wc_accordion_section title=”Pour en savoir plus…”]

L’océan, éponge à chaleur

Pour une même augmentation de température, l’océan stocke 1000 fois plus d’énergie que l’atmosphère. Ajouter à cela sa masse considérable, 300 fois celle de l’atmosphère, l’océan conserve davantage d’énergie thermique que tout le reste de la planète. Si l’océan libérait la chaleur absorbée en lien avec le réchauffement climatique, la température augmenterait de 18°C. L’océan joue un rôle de tampon thermique. Il ralentit le réchauffement climatique d’une voir deux décennies. Ainsi, les modèles prévoient un réchauffement de 1°C en 1998 par rapport à 1860. Avec cette capacité de tampon, il est repoussé en 2006 ou en 2012 selon le type de modèle.

Une répartition inégale de la chaleur

Les 2/3 de la chaleur absorbée se sont répandus sur tous les océans du globe jusqu’à 700 mètres de profondeur. Dans les 75 premiers mètres, la température a augmenté de 0.11°C en moyenne tous les 10 ans entre 1971 et 2010 (et de 0.015°C au-delà). Si cette variation peut paraître faible, elle a en réalité d’importantes conséquences quant à la circulation océanique, la biodiversité et le niveau de la mer. Ainsi par exemple, un des mécanismes essentiels à la base de la formation des courants marins est lié aux écarts de température et de salinité qui provoquent des différences de densités. Les eaux froides et salées ont ainsi plutôt tendance à s’enfoncer, c’est ce que l’on nomme la « circulation thermohaline ». Par ailleurs, le réchauffement des milles premiers mètres de l’océan expliquent environ 25% de la hausse du niveau de la mer des 50 dernières années (0,4 des 1.8 mm/an observés). Enfin, certaines espèces marines sont très sensibles aux variations de température et des déplacements de populations de poissons sont déjà observés avec des conséquences économiques potentiellement importantes pour les pêches. C’est le cas du hareng, du cabillaud et de certaines crevettes qui remontent vers les régions polaires.
Au delà de 700 m de profondeur, la pénétration de la chaleur est difficile à estimer. Les mesures ne peuvent pas être réalisées de manière continue contrairement aux eaux de surface (sous l’œil des satellites). Les couches plus profondes sont réchauffées de manière moins uniforme. Les masses d’eau chaudes supérieures qui circulent et plongent renforcent cette disparité. Ainsi aucune tendance au réchauffement n’a été observée entre 2000 et 3000 m alors qu’au delà les abysses peuvent être atteints (sous 3000m).

[wc_row][wc_column size=”two-third” position=”first”]
ocean-heat-content-SST-55ko
[/wc_column][wc_column size=”one-third” position=”last”]

Variation des températures de surface et du contenu de l’énergie thermique de l’océan mondial (0-2000m), 1955-2010

Source :
Geophysical Research Letters
Volume 39, Issue 10, L10603, 17 MAY 2012 DOI: 10.1029/2012GL051106
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2012GL051106/full#grl29030-fig-0001

[/wc_column][/wc_row]

[wc_clear_floats]

Le renforcement de la frontière thermique

Il existe naturellement une grande différence de température entre les eaux de surface et les eaux profondes. La frontière entre ces deux couches est appelée thermocline et sa profondeur varie en fonction de la saison, des mers et océans. L’excédent de chaleur absorbée a pour conséquence d’intensifier cette différence, et ceci à hauteur de 4 % entre 1971 et 2010. Cela peut perturber la remontée d’eau froide riche en nutriments, base de la foisonnante productivité marine d’écosystèmes côtiers de nombreuses régions du monde. Beaucoup de processus biologiques vont être touchés par les modifications de cette véritable frontière thermique. C’est le cas des planctons dont les migrations verticales quotidiennes peuvent être affectées par des variations de la thermocline.

Une chaleur qui resurgit des profondeurs ?

Après avoir atteint un record en 1998 suite à un événement El Niño*, la température de surface dans l’océan Pacifique a stagné, contrastant avec l’évolution du reste du globe. Une observation inattendue car aucun modèle ne prédisait un tel phénomène à ce moment particulier. S’agissait-il d’une pause dans le réchauffement climatique ? Plusieurs pistes ont été suivies : les variations de l’activité solaire, les effets des aérosols. Mais toutes ces théories n’expliquaient qu’imparfaitement les observations. L’intérêt s’est finalement porté sur les effets de la circulation océanique elle-même. En particulier sur les effets combinés du phénomène La Niña* et les alizés tropicaux inhabituellement forts de l’est du Pacifique. Ces deux facteurs auraient favorisé le transport de grandes masses d’eau de l’est vers l’ouest où elles auraient plongées sous la thermocline pour s’enfoncer dans les profondeurs. S’en serait suivi un refroidissement de l’atmosphère à proximité et un effondrement de la température moyenne. Ainsi une grande quantité de chaleur aurait disparu dans les profondeurs de l’océan pendant plus d’une décennie. Mais elle pourrait avoir réapparue en partie au niveau du golfe de l’Alaska, expliquant un accroissement local des températures en 2014. Aucune mesure de température, aucune image satellite ne permet de suivre le parcours des masses d’eau en profondeur sur une si longue durée. Par contre, la circulation océanique pourrait aider à établir un lien entre les deux phénomènes. Des hypothèses se basent sur des courants capables de véhiculer des masses d’eau sur de longue distance tel que le courant Kuroshio** (le Gulf Stream du Pacifique) et les ondes dites de Kelvin***. Mais ils ne justifient pas à eux seuls l’importance de l’augmentation de température au nord du Pacifique annoncé comme la possible fin de cette fameuse « pause ».

* El Niño fait référence à un phénomène climatique qui se caractérise par des températures anormalement élevées de l’eau dans la partie Est de l’océan Pacifique Sud.
La Niña est caractérisée par une température anormalement basse des eaux de surface de l’Océan Pacifique centre.
El Niño, et son pendant La Niña sont des phénomènes océaniques à grande échelle du Pacifique équatorial, et correspondent aux deux phases opposées du phénomène couplé océan/atmosphère appelé ENSO (El Niño / Southern Oscillation).
** Courant de Kuroshio : débute dans l’ouest de l’océan Pacifique et se dirige vers vers le nord-est après avoir fusionné avec le courant du Pacifique nord
*** Ondes de Kelvin : type d’onde correspondant à un mouvement ondulatoire se propageant entre autre au niveau de l’équateur.

Sources :
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/JC086iC01p00498/abstract
http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar5/wg1/WG1AR5_Chapter03_FINAL.pdf
http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg1/fr/tssts-3-3-1.html
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/rog.20022/full#rog20022-bib-0044
http://www.nature.com/nature/journal/v497/n7449/full/nature12156.html
http://www.seaaroundus.org/researcher/dpauly/pdf/2010/journalarticles/largescaleredistributionofmaximumfisheriescatchpotential.pdf
http://www.nature.com/news/climate-change-the-case-of-the-missing-heat-1.14525#/ref-link-3
http://nautil.us/issue/23/dominoes/the-hidden-ocean-patch-that-broke-climate-records

[/wc_accordion_section]
[/wc_accordion]