Depuis des millénaires, les marins vivent à la frontière de deux fluides capricieux, l’eau et l’air. Pour essayer d’apprivoiser la puissance des éléments, l’Equipe Cousteau met en place la Turbovoile.

En 1980, le commandant Cousteau rêve de créer un navire à moteur moderne dont la propulsion est assurée au moins en partie par le vent : une énergie propre, gratuite et renouvelable.

turbosailL’utilisation d’une voile métallique creuse en rotation comme mode de propulsion est un concept abandonné depuis plusieurs décennies que Cousteau et une équipe d’ingénieurs tentent d’améliorer et de faire revivre. Cousteau et ses associés, le professeur Malavard et le docteur Bertrand Charrier, utilisent un cylindre fixe ressemblant à une cheminée et fonctionnant comme une aile d’avion. Un volet mobile et un système d’aspiration/extraction avec hélice améliorent l’efficacité de cette voile originale. Les modèles réduits testés en soufflerie fonctionnent parfaitement : la Turbovoile est née.

L’invention est testée sur un catamaran baptisé ” moulin à vent “. Cousteau et ses associés valident le mécanisme en reliant Tanger à New York. La traversée est presque achevée quand, non loin des côtes américaines, le vent souffle à plus de 50 nœuds. Les soudures qui maintiennent la Turbovoile cèdent et le prototype tombe à la mer.

Les conseils du commandant Cousteau sont précieux pour les ingénieurs de la construction navale. Ensemble, ils conçoivent une coque originale en aluminium à la fois légère et solide. A l’arrière, elle est double comme celle d’un catamaran ce qui garantit une grande stabilité. A l’avant, elle est simple pour mieux fendre la houle. Deux Turbovoiles se dressent sur le pont et deux moteurs Diesel fournissent le complément indispensable à la force du vent. Ce navire est appelé Alcyone, la fille du vent.

Alcyone est dotée de la technologie la plus moderne, des ordinateurs optimisent le fonctionnement des Turbovoiles et des moteurs. La vitesse est constante grâce aux moteurs qui passent automatiquement au régime supérieur dès que le vent faiblit mais s’arrête complètement lorsque le vent est fort et bien orienté. Cinq personnes suffisent à la maintenance du bateau, mais les systèmes de commandes permettent théoriquement de laisser Alcyone naviguer sans équipage